C'est la fin de la RN7 qui se termine devant le canal du Mozambique à la hauteur du tropique du Capricorne. Dans le port, les pêcheurs Vezo s'activent sur leurs pirogues à balancier. Il est très difficile de faire le bon choix pour trouver un bateau semi-rigide et le moins dangereux possible pour naviguer jusqu'à Anakao. Deux heures de traversée pénibles sur une mer agitée avec de la houle permettent d'atteindre Anakao. Nous avons donc préféré être rincés et trempés plutôt qu'empreinter une piste défoncée de 300 kilomètres.
A Anakao, la consommation d'eau douce est limitée car elle est acheminée par des chars à boeuf. Anakao donne une impression de bout du monde et sur ce lieu paradisiaque, le temps dans cette vie de Robinson Crusoe, ne passe pas à la même vitesse. A une heure de marche, au village, les pirogues à balancier sont alignées sur la plage. Elles servent essentiellement à la pêche et parfois au transport des voyageurs. Dans cette ambiance d'un village de pêcheurs africains, les enfants, tout en mangeant un morceau de tortue, nous observent et parfois nous réclament un stylo ou un bonbon. Quelques pêcheurs nettoient des poulpes sur la plage.
Un matin, le vent est favorable. Des pêcheurs proposent d'aller en pirogue sur l'île de Nosy Satrana et de plonger le long de la barrière de corail. La pirogue en balza file sur l'eau. Les fonds marins sont remplis de poissons multicolores aux formes variées. L'île de Nosy Satrana est déserte. Parfois, les villageois traversent à marée basse leurs troupeaux de zébus sur le lagon de sable blond pour les emmener pêtre sur l'île. Nous croisons deux pirogues chargées d'énormes tortues. Le village devrait manger à sa faim ce midi. Pour notre repas ce sera un poisson perroquet et un capitaine pêchés ce matin.
Très souvent l'après midi, sous le soleil, un petit vent fait frémir les aloes et les palmiers jusqu'à la fin de la journée où la mer turquoise devient vert émeraude. Ce soir le dîner sous la paillote nous sépare du ciel nocturne rempli d'étoiles.
Un autre matin, réveillés très tôt par le soleil, nous embarquons avec notre piroguier pour l'île de Nosy Vé. Nous plongeons au nord de l'île au milieu d'un aquarium géant et naturel avec six dauphins qui ont passé la barrière de corail. La mer vert émeraude a repris la couleur bleu turquoise et nacrée qui s'unit si harmonieusement avec la plage de sable de l'île paradisiaque recouverte de coquillages exotiques. Seuls quelques pailles en queue et d'autres oiseaux nichent sur l'île. Au retour , les pêcheurs ne ramènent pas de langoustes. Ici, plus qu'ailleurs, c'est Madagascar insolite, mélange d'Asie et d'Afrique où les pêcheurs ont l'air d'obéir à des règles traditionnelles immuables et rythmées par le quotidien. Fort heureusement, aucun complexe hôtelier n'est venu perturber l'équilibre naturel des environs.
Notre retour en bateau avec la compagnie du sud sur la ville de Tulear se déroule non sans quelques difficultés car la sécurité et la promptitude sont inexistantes.