Une route goudronnée conduit rapidement d'Ambalavao à Ihosy. Au delà, 50 kilomètres de piste de latérite traversent une brousse désertique parfois en feu.
A la tombée de la nuit, il est une coutume touristique d'emmener les voyageurs prendre des photographies à travers une fenêtre rocheuse. Ce n'est en fait qu'une bousculade garantie et sans grand intérêt. Cela dit, les palmiers Satrana des environs contrastent agréablement avec les montagnes. Au relais de la reine, quelques pachypodiums endémiques poussent dans un oasis de verdure en plein désert.
A l'entrée du parc d'Isalo, l'ANGAP réclame un droit d'entrée et de guidage très cher et obligatoire. Le parc est situé en territoire Bara Zafimanel. La superbe randonnée débute aux abords d'un village authentique composé de maisons basses couvertes de toits de chaume entourées de poulaillers, de tonneaux en bois pour piler le riz et d'un enclos pour les zébus. Le circuit traverse ensuite un superbe canyon au milieu d'une gorge profonde. Deux races de lémuriens sont faciles à observer : Les cata et les sifaka. Du côté de la piscine naturelle nous empreintons une autre belle piste et observons des tombeaux de Bara. La poussée tectonique et l'érosion ont donné aux montagnes un relief extraordinaire. Les traces géologiques montrent les couches terrestres de l'ère tertiaire. La piscine naturelle qui est un bassin ou une retenue d'eau ombragée de pandanus est hélas fréquentée par des touristes ou waza (hommes blancs). La piste jusqu'à la cascade des nymphes chemine sur les hauts plateaux puis traverse une végétation luxuriante très diverse et variée.
Au kilomètre 717 de la RN7, Ilakaka est un village western de la "ruée vers le saphir". 150000 chercheurs et acheteurs de saphirs vivent dans cette ville, de petites cases et de motels, implantée depuis 5 ans. En direction de Tuléar, la savane devient encore plus désertique. Les Bara improvisent des villages de baraquement de tôle misèreux et semi-nomades en bordure de la nationale. Ils viennent pour la plupart de Fort Dauphin et font hélas des feux de brousse avant la saison des pluies pour aider à la repousse d'une herbe plus saine. Les ponts dynamités pendant la précédente crise sont partiellement reconstruits. Le taxi de brousse traverse le village pour stopper subitement. Le vieux camion brinquebalant, dont la mécanique vient de souffrir sur la piste sableuse, n'arrête pas son moteur. Des petits vendeurs, souvent des enfants en haillons, se rassemblent autour pour proposer des bananes, des gateaux , du maïs cuit à la braise...Les femmes font griller le poisson dans une immense poêle posée sur un lit de braise. Dans cette contrée, si un Mahafali ne respecte pas un interdit, il doit sacrifier un zébu. Les sacrifices ont lieu généralement lors des mariages ou des enterrements. Les tombeaux sont peints et parfois, un totem relate la vie du défunt.