Le nouveau nom de la ville Antsiranana (le port) naît tranquillement bien que Diego-Suarez semble s'être arrêter depuis 1960. Le troisième port du pays est dans une baie naturelle et protégée. Une ancienne ville coloniale qui vit au rythme du sourire et de la nonchalance avec des batiments abandonnés. Le centre ville en damier a été créé par les militaires.Dans la rue Colbert, de jolies et anciennes habitations fastueuses sont délabrées. Le "varatraza" souffle parfois fort. La population est cosmopolite. Les Antakarana et les Sakalava se mêlent aux Karanes (Indo-Pakistanais), aux Chinois et aux Waza. Ici plus qu'ailleurs, la présence des expatriés (Waza) se fait sentir. Les jeunes femmes malgaches ont adopté des tenues plus légères et plus européennes. Dans le port, d'anciens navires sont encores échoués, attendant d'être anéantis par la mer. Au nord de la place du 14 octobre, s'étend le vieux centre avec ses petits comptoirs sous des colonnades pastelles. Le marché Tseny et le bazar Kely se tiennent au nord de la ville. C'est un pôle d'animation avec toutes sortes de marchands de cordonniers, de fripiers et de réparateurs...Les Sakalava sont drapés de leurs Lamba-oany en tissu de coton ou de raphia. Ils marchandent assis sur une planche ou à même le sol en machouillant librement le Khat euphorisant et aphrodisiaque.

Ramena est situé à une vingtaine de kilomètres de Diego-Suarez. C'est un charmant petit village calme et traditionnel de pêcheurs bordé par une plage de sable sur laquelle poussent les cocotiers. Les cases ou bungalows sont construits pour certains en tôle et pour d'autres en briques recouvertes parfois de torchis. Tout se mélange dans les cours des cases. Les pêcheurs vivent en famille et de façon ancestrale avec les zébus et les volailles. Ramena est balayé par les alizés.
La mer d'émeraude est accessible uniquement en bateau et est propice à la plongée sous marine. Nous longeons la base militaire jusqu'à la pointe des sables et continuons vers la petite passe. Nombreux malgaches ont bâti des petites cases de week-end le long de la plage. Plonger dans un véritable aquarium naturel avec des poissons de toutes les formes et de toutes les couleurs procure un réel plaisir. Nous pêchons pour notre déjeuner quelques poissons "capitaine" avec un petit filet.
L'après midi, le vent "varatraza" se lève et nous naviguons sur une mer plus dangereuse en dansant sur la surface d'émeraude avec des vagues de 4 mètres. La traîne laissée à l'arrière du bateau est infructueuse et nous n'avons pas l'occasion de prendre un espadon, un merlin ou un thon.
Sur la plage de Ramena, les petites mouches "mokafohy" sont agressives et parfois piquent. Des jeunes filles vendent des galettes de manioc et les pêcheurs s'activent et posent des filets.