La route nationale 7 est la seule route de Madagascar digne de ce nom. Elle traverse de nombreux paysages et régions peuplées par diverses ethnies. Elle relie Tananarive située au coeur des hautes terres pour finir un millier de kilomètres plus loin à Tuléar sur la côte ouest, au bord du canal du Mozambique.

Sur l'île, il est encore très difficile pour un voyageur de louer une voiture. Rado se propose de nous conduire pour une découverte complète de cette partie de l'île.
Après 70 kilomètres de route traversant les hauts plateaux de terre rouge, apparait Ambatolampy avec ses "hotely" sortes de restaurants populaires. En période de fin d'hiver, les cultures sont asséchées. Les paysans, pour la plupart des "Mérina", cultivent, retournent la terre à l'aide de grandes bêches et préparent ainsi les rizières en attente de la saison des pluies. Les champs sont accrochés aux flancs des collines. Les murs des maisons sont construits en briques de terre cuite ou en paille d'excrément de zébu séchée et recouverts d'argile. Ici le monde matériel a une autre signification. Sur la route, des enfants vendent des voitures miniatures fabriquées en métal de récupération. Soudain, surgit un troupeau de zébus qui vient de parcourir plusieurs centaines de kilomètres. Quelques "Bara" appartenant à cette ethnie du sud vont les vendre au marché de Tananarive.
Antsirabe "là où il y a du sel" est la ville des pousse-pousse tirés par des paysans locaux qui complètent leur revenus entre deux saisons agricoles. Les eaux sulfureuses et porteuses de chlorure de sodium ont assuré la prospérité de cette ancienne ville coloniale et thermale. Beaucoup de "Merina" originaire de Malaisie vivent ici. La ville est bordée de collines et de plaines aux rizières verdoyantes. Le riz est cultivé dans des petits carrés appelés "tanin-ketsa" où l'on sème le paddy. Les bottes sont ensuite repiquées soigneusement par les femmes. La grande avenue est l'artère principale où les commerces en tout genre se côtoient dans un mélange de couleurs, d'odeurs, de pauvreté et de saleté. L'ancienne gare ferrovière a été rachetée par une compagnie sud africaine qui doit restaurer son réseau.
Antsirabe est la plaque tournante en matière de pierres semi-précieuses. Joseph est le tailleur revendeur de pierres de la ville d'eau, spécialisé dans la topaze, le béryl, l'améthyste... Son atelier de lapidaires ressemble cependant à une boutique pour touristes.
A l'ouest d'Antsirabe existe le village traditionnel "Merina" de Betafo autrefois nommé Vakanankaratra. Son nom signifie : "nombreux toits". Les maisons possédent des arcades décorées de fer forgé. Les "vatohalis" sont des stèles de pierre avec des inscriptions gravées dessus. Près du lac Tatamarina et les chutes d'Antafalo, l'eau est abondante pour la culture. Le riz est battu et mis à sécher le long des routes. Des carioles attelées de zébus transportent des briques et des tuiles de terre-cuite provenant de fours installés dans les champs à proximité des maisons.Quelques scènes typiques décrivent les femmes "Merina" qui pêchent en rang les poissons avec des paniers en osier. D'autres malgaches trient et décortiquent le riz qui est séché sur le bord de la route.