Le trajet en bus de Sucre à Potosi traverse une campagne pittoresque. A chaque arrêt des marchands, souvent des enfants investissent le bus. Peu à peu les régions deviennent arides. Le soleil tape sur le minerai noir des montagnes. A l'approche de Potosi les paysages deviennent grandioses. Dommage que la ligne de train Sucre Potosi soit supprimée. Je dors à la Casa de huespedes Maria Victoria très fréquentée par les routards. Je n'oublierai jamais cet endroit agréable.
Potosi est une très belle ville à 3960 mètres d'altitude donc plus haute que Lhassa. La ville est encore endormie lorsque nous partons visités les mines. Nous vivons Germinal pendant trois heures dans les mines. Chaque mineur gagne entre 200 à 700 boliveros en 2 semaines en remontant en moyenne 10 tonnes de minerai. Ils entretiennent leur diable protecteur (El Tio) en lui fournissant alcool à 96 degrés et de la coca, superstition oblige! Les conditions de travail sont vraiment très dures. La visite des mines est déconseillée aux claustrophobes. Il est nécessaire avant d'aller aux mines d'acheter son bâton de dynamite et ses feuilles de coca.

Potosi rassemble les plus beaux vestiges de l'art colonial espagnol du continent. Les mines de Potosi apportèrent richesse à l'Espagne. Un concert sur la place du 20 novembre se termine souvent en feu d'artifice.
La visite du magnifique couvent de la santa Theresa est très agréable grâce à la gentillesse de sa guide. Ici on a l'impression de vivre la vie des nones à la fin du 17ème siècle. La bibliothèque, la cuisine, les chambres sont restées authentiques.
La casa de la Moneda est un immense bâtiment civil colonial des Amérique (18ème siècle).Ici, les monnaies étaient frappées jusqu'en 1869. On y visite également une salle d'armes, une salle archéologique et une collection de minéraux locaux et de poinçons.

La route de Potosi à Uyuni à 4000 mètres d'altitude est superbe. Les villages peuplés d'indiens sont colorés. Les troupeaux de lamas et d'autruches errent dans la pampa. A Uyuni se dégage une impression de fin du monde. Le vent soulève la poussière de sable.
Je me regroupe avec plusieurs voyageurs pour louer une 4x4 dans une des agences. Il fait très chaud.

Quelques heures plus tard, nous atteignons le Salar de Uyuni. La réverbération du soleil sur le sel est très forte. Nous roulons sur une mer de sel. Pour la consommation, le sel est purifié par un foyer puis filtré. Le volcan Tunupa culmine à 5400 mètres. L'ilet de Pescado apparaît au milieu du Salar. C'est un ilet d'origine volcanique sur lequel a poussé de nombreux cactus. A son sommet, le panorama est magnifique.

 

 

San Juan est un village typique. Les indiens élèvent des lamas. La petite église est blottie dans la vallée contre les maisons qui sont assemblées à l'équerre et couvertes de toits de chaume. Tout semble ne pas avoir bougé depuis des siècles.
La nuit la constellation n'est pas polluée et n'a rien à envier à un planétarium. La voute céleste est extraordinaire.
Le lendemain, nous dépassons le volcan Ollague en activité (5950 m) puis le volcan Corina. Nous photographions les flamands roses sur la Laguna Canapa.
Plus loin la laguna Chiar Khota contraste avec les montagnes et le ciel uniformément bleu.